Technique

Vocabulaire

Le billard met en jeu des billes de 5 à 7 cm de diamètre, celui-ci variant avec le type du billard, sur une table. Cette table, autrefois en chêne ou en granite, est aujourd'hui constituée de plaques d'ardoises recouvertes d'un drap de laine tendu. Les bords internes de la table sont capitonnés avec des bandes de caoutchouc recouvertes du même drap : les bandes.

La table peut avoir des trous, ou poches. Les billes sont empochées lorsqu’elles y tombent.

On joue à l’aide d’une queue, généralement en bois (frêne ou érable suivant le jeu), qui peut être monobloc ou en plusieurs parties, plus des accessoires permettant de l’allonger. Elle est composée d’un fût, souvent protégé par un talon en caoutchouc pour éviter de l’endommager, et d’une flèche reliés par un tourillon dans le cas de branches démontables.


Les billes étaient à l'origine fabriquées en ivoire, mais suite à la prise de conscience du massacre de milliers d'éléphants, la résine phénolique (produit dérivé du pétrole) a remplacé le matériau naturel.
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À l’extrémité de la flèche se trouve une virole (généralement en laiton) sur laquelle est collé ou vissé un procédé1. C’est une ellipse de cuir d’un diamètre adapté à la virole, compris entre 8 et 13 mm en fonction de la taille des billes, du mode de jeu et/ou des préférences du joueur.

Aspect technique

Le but n’est pas d’empocher une bille, mais toutes. De même au billard français, le but n’est pas de faire un point, mais un nombre de points déterminé. La maîtrise du déplacement de toute bille en mouvement en est la clé.

Quel que soit le mode de jeu, l’adresse n’est pas le maître-mot. Bien sûr, il faut être adroit pour empocher une bille ou effectuer un coup particulier, mais si on ne réfléchit pas à la suite, cela ne mène à rien. La réflexion préalable est donc essentielle, la mécanique du geste n’en est que le prolongement.

Cette mécanique dépend de plusieurs choses, dont entre autres la position du corps par rapport au billard et à la bille d’attaque. Tout doit être fait pour que l'œil directeur se trouve dans l’axe de visée, que l’avant-bras tenant le fût puisse avoir un mouvement de balancier sur ce même axe sans contrainte. Il n’y a pas vraiment de position « académique » mis à part de jouer en mettant la canne derrière soi, l’essentiel étant qu’elle soit stable et agréable. De même pour le chevalet, c’est-à-dire la position de la main posée sur le billard qui doit être stable et guider la flèche.

Le billard repose sur des lois physiques très simples, les billes étant parfaitement sphériques, les bandes rectilignes et perpendiculaires, et le tapis censé opposer une résistanceconstante au mouvement.

Connaître ces principes permet de prévoir la direction prise par la bille d’attaque après un choc. En jouant sur différents paramètres, on peut modifier cette direction et la rendre plus propice à la poursuite de l’objectif.

Notion de quantité

La quantité de bille est le terme utilisé pour quantifier la visée. Le but est ici d’avoir des points de références, c’est-à-dire de connaître le comportement dans des cas précis, afin d’en extrapoler le comportement dans la pratique.

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Considérons la bille blanche comme bille de choc. Le schéma représente ce que l’on peut voir en plaçant l'œil (directeur) sur l’axe de visée, qui passe par le centre de gravité de la blanche selon un vecteur parallèle à la table. La quantité de bille exprime intrinséquement le rapport du transfert d’énergie lors du choc entre les deux billes.

  • Viser « pleine bille » revient à aligner l’axe sur les 2 centres de gravité. Le transfert de masse lors du choc est entier, la bille de visée héritant de toute la force
  • Viser « 3/4 de bille » revient à aligner le centre de la bille de choc avec un point situé à la moitié du rayon de la bille de visée. Elle hérite des 3/4 de la force, 1/4 restant à la blanche
  • Viser « 1/2 de bille » aligne l’axe de visée sur la tangente de la bille visée. Le transfert est équivalent
  • Viser « 1/4 de bille » revient à aligner le centre de la bille de choc avec un point situé à l’extérieur de la bille de visée, à distance d’un demi rayon. Le rapport est cette fois 1/4 pour la visée, 3/4 pour la bille de choc.
  • Viser « Finesse » aligne le centre de la bille de choc avec un point à l’extérieur de la bille de visée à distance d’un rayon (en pratique un peu moins afin de garantir le contact). Seule une petite quantité de force est transmise à la bille de visée.

Conséquence évidente :

Appliquons une force à la bille de choc, lui permettant théoriquement de parcourir un mètre. Pour autant qu'on ne mette aucun effet, en visant pleine bille, la bille de choc s’arrête, et la bille de visée parcourt un mètre. En visant demi bille, les deux billes devraient parcourir chacune 50 centimètres, etc.

Les effets

La bille est mise en mouvement par le contact avec le procédé. Modifier le point de contact induit une rotation de la bille.

Billard effets ptcontact.png
Placer la queue pour faire les différent effets : (1) Massé, (2) Saut, (3) Coulé, (4) Pleine, (5) Rétro.
La craie, ou « bleu », indispensable pour les effets

Frapper la bille en dehors de la zone jaune est risqué et inutile. Le procédé risque de glisser sur la bille, modifiant totalement la trajectoire, et provoquant généralement une faute de jeu. Afin d'éviter cela, le joueur applique sur le procédé de la craie, plus communement appelé du « bleu ». C'est une poudre conditionnée en cube qui augmente l'adhérence du procédé lorsqu'il entre en contact avec la bille de choc. Sans l'utilisation de la craie, la manipulation des effets serait impossible.

  • Frapper au centre est dit sans effet ou bille en tête ; l'effet "Carreau" est le cas où la bille de choc reste sur place après le contact avec la bille de but.
  • Frapper sous la ligne L2 donne un rétro, effet contraire au mouvement de la bille ;
  • Frapper au-dessus de la ligne L2 donne un coulé, effet favorable au mouvement ;
  • Frapper à gauche ou à droite de la ligne L1 induit un effet latéral.

La force du coup entre également en jeu. L’effet s’oppose à la résistance du tapis, et donc perd graduellement de la puissance. On peut d’ailleurs considérer un coup au centre de puissance faible comme un léger coulé, la bille prenant un effet naturel dû à son mouvement. En revanche si le coup est fort, le coup est effectivement sans effet puisque la bille ne tourne pas sur elle-même, mais glisse sur le tapis.

Le coup de queue est primordial, et doit être adapté. Ce terme regroupe la puissance du coup, l’horizontalité de la queue, l’accompagnement ou non du mouvement, la fluidité du geste, etc. Un coup « pénétrant » est généralement préférable à un coup sec, il permet en effet d’obtenir un meilleurrendement entre l’effet imprimé et la vitesse de la bille.

D’une manière générale, l’utilisation d’effets complique les choses, puisqu’on ajoute un facteur à l’équation. Quand cela n’est pas nécessaire, il est préférable de l’éviter en se basant sur les principes suivants.

Eclatement naturel

On appelle « éclatement » la résultante du choc entre deux billes. Théoriquement un choc naturel (sans effet) modifie la trajectoire de la bille d’attaque et induit une trajectoire à la bille visée telle que leurs directions forment un angle de 90°.

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Cet angle de 90° peut être modifié par les effets :

  • Un effet rétro donne une rotation inverse au sens de déplacement. La bille a donc tendance à revenir sur elle-même. Cet effet augmente l’angle d’éclatement.
  • Le coulé donne une rotation dans le sens du déplacement, la bille a donc tendance à continuer sur sa trajectoire initiale après le choc. Cet effet diminue l’angle d’éclatement.
  • Les effets latéraux n’ont aucune incidence sur l’éclatement, à part dans certains cas extrêmes.

C’est toujours la trajectoire de la bille d’attaque qui est modifiée par ces effets, celle de la bille de visée étant définie uniquement par le point d’impact.

Réaction des bandes

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En jouant sans effet, l’angle de réflexion égale l’angle d’incidence, comme en optique. Les effets latéraux ainsi que les effets rétro et coulé modifient l’angle de réflexion. La force du coup ainsi que la qualité et la hauteur des bandes modifient légèrement la réflexion.

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